Ce n’est pas le vice caché le plus dangereux. C’est celui qu’on aurait pu interroger.

Il y a quelques mois, une cliente est venue me voir avec un projet simple et sain : commencer à investir dans l’immobilier.

Ma recommandation avait été claire :
👉 se faire accompagner, au moins pour les premiers investissements.
Relire les actes.
Comprendre les annexes.
Interroger les documents techniques.
Et, si nécessaire, faire intervenir un technicien pour apprécier la structure de l’immeuble.

Six mois plus tard, elle me recontacte.
Non plus pour investir. Mais parce qu’elle regrette son acquisition.

Sur le moment, j’ai cru à une erreur de conseil de ma part.
En réalité, elle avait signé sans accompagnement, sans avoir réellement mesuré ce à quoi elle s’engageait.

Les désordres découverts ensuite étaient lourds :
toiture défaillante et amiantée, mur porteur altéré.
Rien de visible lors des visites. Aucune trace d’infiltration.
Des embellissements refaits avant la vente.
Il a fallu un curage pour révéler l’état réel du bâti.

J’analyse alors l’acte de vente et ses annexes, a posteriori.
Et là, le tableau se précise.
Une copropriété en souffrance.
Un diagnostic technique global voté… mais jamais réalisé.
Un DPE classé G.
Un diagnostic amiante limité aux seules parties accessibles.

Tout cela ne permettait pas de connaître l’état de la structure.
Mais cela constituait des indices.
Du matériau pour questionner.
Pour creuser.
Pour ralentir la décision.

Aujourd’hui, nous étudions la possibilité d’engager la responsabilité du vendeur.
L’acte contient une clause d’exonération des vices cachés : il faut donc démontrer la connaissance du vice ou la qualité de professionnel.
Une piste sérieuse existe.
L’un des gérants de la SCI venderesse était l’ancien dirigeant d’une entreprise de BTP, sans compter les embellissements avant vente 🙄.

Quant à la copropriété ?
Double peine.
Les désordres concernent des parties communes, certes.
Mais les tantièmes sont organisés de telle manière que cette partie spéciale de l’immeuble lui fait supporter 100 % des travaux, tout en nécessitant malgré tout l’accord du syndicat.

Ce dossier confirme – encore – pourquoi je défends une approche de conseil préventif avant la signature.
Le droit n’est pas seulement un outil de réparation.
C’est un outil de lecture, d’anticipation et de décision.

Mon rôle n’est pas de dissuader d’acheter.
Mais d’aider à comprendre ce que l’on achète, de manière éclairée, avec des ajustements encore possibles.

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